Franchise en base de TVA : fonctionnement et limites pour un praticien
La franchise en base de TVA permet à une petite entreprise de ne pas facturer la TVA et de ne pas la récupérer sur ses achats, à condition de rester sous des plafonds de chiffre d’affaires. Pour un praticien bien-être, elle simplifie les factures mais change la façon d’afficher ses prix.
Mis à jour le 27 octobre 2026 · Notre méthode
L'essentiel
En bref
- La franchise en base n’est pas une exonération de principe : elle dépend d’un chiffre d’affaires à ne pas dépasser, dont les valeurs sont publiées sur service-public.fr.
- Sans TVA facturée, vos prix affichés sont vos prix finaux, et vos factures doivent porter la mention prévue pour ce régime.
- En contrepartie, vous ne récupérez pas la TVA payée sur vos achats, comme un matériel de séance ou une formation.
- Le dépassement du plafond fait sortir du régime : anticipez la bascule et relisez les règles chaque année avant de fixer vos tarifs.
Ce que signifie la franchise en base
Une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires modeste peut bénéficier d’une franchise en base de TVA. Concrètement, elle n’ajoute pas la taxe sur ses factures et ne la reverse pas à l’administration. Le régime ne dispense pas d’autres obligations : la facturation, la comptabilité simple et les déclarations de chiffre d’affaires restent dues.
Beaucoup de praticiens bien-être découvrent ce mécanisme lors de l’immatriculation, quand il faut cocher une case sans toujours mesurer les conséquences. La franchise est un choix de gestion, pas un cadeau fiscal : elle a un coût caché, qui apparaît dans les achats, comme on le verra plus loin.
Les seuils, et pourquoi il faut les relire chaque année
La franchise repose sur deux seuils de chiffre d’affaires, l’un pour l’année en cours et l’autre apprécié sur une période de référence précédente. Ces montants sont révisés par les pouvoirs publics. Ne les recopiez donc jamais depuis un article ou un forum : retrouvez les valeurs en vigueur sur service-public.fr avant de fixer vos tarifs, puis relisez-les à chaque début d’année.
Le plus prudent est de suivre votre chiffre d’affaires cumulé mois après mois. Un praticien qui encaisse en fin d’année plusieurs séances de groupe, ou une formation vendue en pack, peut franchir la limite sans l’avoir vu venir.
Et si le plafond est dépassé ?
Le dépassement a des conséquences qui dépendent de son ampleur et de sa date. Dans la plupart des cas, la TVA devient exigible à partir du moment où le seuil est franchi, et vos prix doivent alors être recalculés. Ne changez pas vos tarifs à la hâte sans avoir vérifié la règle exacte, car une erreur sur les factures se corrige ensuite avec des avoirs et des régularisations.
Ce que la franchise change sur vos factures
Une facture établie sous le régime de la franchise ne fait apparaître aucune TVA. Elle doit en revanche comporter une mention indiquant que la TVA n’est pas applicable, dont la formulation exacte est à reprendre sur service-public.fr. Une facture sans cette mention peut poser problème, notamment à un client professionnel qui la déduira de sa propre comptabilité.
Autre effet concret : sur votre site et sur vos supports, le prix affiché doit être le prix final que paie le client. Pas de « HT » à compléter mentalement, pas de TVA ajoutée en bas de page. Cette clarté plaît aux clients, à condition de ne pas oublier les frais annexes comme un déplacement facturé à part.
- Afficher un prix unique, sans mention de TVA à ajouter
- Faire figurer la mention de non-application de la TVA sur chaque facture
- Numéroter chaque facture sans rupture, pour garder une trace fiable
- Expliquer au client, une fois, ce que la mention signifie pour lui
L’effet caché sur vos achats
Sous franchise, la TVA payée sur vos achats professionnels n’est pas récupérable. Un massage-table, des huiles, un ordinateur ou une formation suivie pour votre activité sont facturés TTC, et ce montant devient un coût réel. Le calcul doit donc porter sur votre marge après achats, non sur le prix d’achat hors taxe que vous auriez obtenu avec un régime normal.
Pour un praticien qui investit beaucoup au démarrage, la comparaison mérite un tableau simple : vos investissements prévus, la TVA qu’ils comportent, et ce que vous auriez pu récupérer. Si les investissements sont lourds, le régime normal peut devenir plus intéressant, à condition d’accepter ses contraintes.
Franchise ou régime normal : comment comparer
Le choix n’est pas définitif, mais changer de régime implique des démarches et des obligations de déclaration. Avant de décider, posez-vous trois questions : le montant de vos achats professionnels, la part de vos clients qui sont des particuliers (pour qui le prix TTC ne change rien), et votre rythme de croissance prévu.
Un praticien qui travaille surtout avec des particuliers, dont les achats restent modestes et dont le chiffre d’affaires reste stable, trouvera souvent la franchise simple et suffisante. Un praticien qui facture beaucoup à des entreprises, ou qui achète du matériel coûteux, doit faire le calcul avec attention, éventuellement avec un expert-comptable.
Trois erreurs fréquentes sur les prix
La première erreur consiste à afficher un tarif « HT » sur un site, puis à facturer le TTC sans le dire : le client se sent trompé, et le litige est pénible à régler. La deuxième est de se fixer un tarif en pensant qu’il faut ajouter la TVA par habitude, ce qui crée un écart avec le prix réellement encaissé. La troisième touche aux forfaits : une carte de dix séances doit afficher un seul prix, sans ambiguïté sur ce qui est inclus.
Ces erreurs se corrigent vite à condition de les repérer tôt. Relisez vos supports de communication avant leur mise en ligne, et vérifiez qu’une même prestation porte le même prix partout.
Suivre son chiffre d’affaires sans se perdre
La franchise se pilote par le chiffre d’affaires. Il faut donc tenir un suivi fiable, avec une date, une nature de prestation et un montant encaissé pour chaque opération. Un tableur à quatre colonnes suffit au démarrage, à condition de le mettre à jour une fois par semaine et de le comparer aux seuils en vigueur.
Pensez aussi à une alerte intermédiaire : par exemple, lorsque vous atteignez une part donnée du plafond, vous relisez vos prix et vos perspectives de l’année. Cette discipline évite les mauvaises surprises en décembre, quand la marge de manœuvre a disparu.
Une activité qui se prépare avant la première facture
La question de la TVA n’arrive pas en premier, mais elle dépend directement de ce que vous vendez. Une séance individuelle, un atelier collectif ou une formation de groupe n’ont pas les mêmes montants, ni les mêmes achats. Avant d’arrêter votre régime, clarifiez donc votre offre. Le catalogue des formations en bien-être et la catégorie relaxation et massage donnent une idée des pratiques proposées, et le calculateur de revenus vous aide à relier tarifs et charges.
Expliquer la franchise à un client sans jargon
La plupart des clients n’ont pas à connaître le détail du régime, mais certains posent la question. Une réponse claire et courte suffit : « Mon prix est un prix final. Je ne suis pas assujettie à la TVA, sous le régime de la franchise en base. » Ajoutez-y, si la question vient d’un client qui doit déduire la prestation, que la facture porte la mention prévue, et que vous restez disponible pour un justificatif complémentaire.
Avec un client professionnel qui demande une facture ventilée, la réponse est différente. Vous ne pouvez pas faire apparaître une TVA que vous ne facturez pas. Proposez de préciser son besoin avant la commande : un devis, une formule de groupe ou une attestation de prestation peuvent répondre à sa contrainte, sans modifier votre régime.
Les signaux qui doivent vous faire revoir le régime
Quelques situations justifient de relire votre choix de régime. Une première est l’arrivée d’un client professionnel régulier, qui demande une facture avec TVA identifiable et ne peut pas l’intégrer autrement. Une deuxième est l’achat d’un équipement coûteux, dont la TVA non récupérable pèse lourd dans le calcul. Une troisième est une croissance rapide de votre activité, par exemple l’ouverture de plusieurs ateliers dans l’année.
Dans chacun de ces cas, reprenez la question à zéro : quel est votre chiffre d’affaires réel sur les douze derniers mois, quels achats sont prévus, quels clients vous adressent. Puis comparez avec les règles en vigueur sur service-public.fr avant de changer quoi que ce soit.
Le passage annuel qui évite les mauvaises surprises
Chaque année, reprenez trois éléments avant de fixer vos tarifs : les seuils publiés pour l’année, le chiffre d’affaires cumulé sur la période écoulée, et les achats prévus. Ce passage prend une heure et remplace les décisions prises de mémoire. Pensez aussi à vérifier si votre activité a changé de nature : un atelier de groupe, des produits revendus en plus des séances ou un nouveau lieu modifient le raisonnement.
Le guide du statut et du cadre légal rappelle les règles générales du régime micro-entrepreneur, dont la franchise fait partie. Lisez-le avant de vous engager sur un choix qui conditionne vos factures pendant plusieurs années.
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Questions fréquentes
La franchise en base de TVA est-elle automatique ?
Elle ne l’est pas. Elle s’applique si votre chiffre d’affaires reste sous les plafonds en vigueur, et si vous ne renoncez pas à ce régime. Les conditions sont détaillées sur service-public.fr.
Peut-on afficher des prix TTC sans rien mentionner ?
Oui, puisque sans TVA le prix TTC est le prix final. Mais la mention de non-application de la TVA doit figurer sur vos factures, selon la formulation précisée par l’administration.
Que se passe-t-il si mon chiffre d’affaires dépasse le plafond ?
La TVA peut devenir exigible à partir du franchissement du seuil. Il faut alors adapter vos prix et vos factures, et vérifier la règle exacte sur service-public.fr avant d’agir.
La franchise me fait-elle perdre des clients ?
Pas forcément. Les particuliers voient simplement un prix final. Les clients professionnels, eux, peuvent préférer une facture avec TVA identifiable, ce qui mérite une réponse claire.
Où trouver les valeurs à jour ?
Sur service-public.fr, qui publie les seuils de l’année. Consultez-les avant chaque décision tarifaire, car ils sont révisés.
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