Travailler avec des médecins : orienter sans prescrire
Un partenariat avec des médecins consiste à se présenter aux professionnels de santé, à recevoir des personnes qu’ils vous orientent et à leur renvoyer, avec leur accord, ce qui est utile au suivi. Le praticien de bien-être reste dans son champ : il accompagne, il ne diagnostique pas et il ne prescrit rien.
Mis à jour le 28 octobre 2026 · Notre méthode
L'essentiel
En bref
- Le médecin reste le référent pour toute question de santé : votre rôle est d’accompagner la personne, et de savoir lui dire quand il faut consulter.
- Présentez votre activité avec un document d’une page, qui décrit ce que vous faites, ce que vous ne faites pas et comment vous joindre.
- Ne recevez jamais d’argent, de cadeau ou d’avantage en échange d’une orientation sans avoir vérifié les règles de déontologie médicale.
- Avant tout échange avec un médecin au sujet d’une personne, obtenez son accord écrit : le secret professionnel s’applique aussi à vous.
Pourquoi les médecins sont des interlocuteurs utiles
Beaucoup de personnes qui cherchent un accompagnement de bien-être ont déjà vu un médecin. Elles lui ont parlé de leur fatigue, de leur sommeil, de leur stress ou de leur désir de changer leurs habitudes. Le médecin sait donc souvent qu’elles ont besoin d’autre chose qu’une prescription : du temps, de l’écoute, des repères pour leur quotidien. C’est un point de départ naturel pour un partenariat.
Un médecin peut vous connaître par plusieurs canaux : une maison de santé pluridisciplinaire où vous êtes présent, un réseau local de professionnels, une présentation lors d’une réunion de quartier, ou simplement un courrier bien rédigé. Son intérêt tient à une question simple : à qui puis-je adresser ce patient, sans risque, pour un accompagnement qui ne relève pas de la médecine ?
Rester dans son champ : les trois limites à connaître
Le partenariat ne fonctionne que si les limites de chacun sont nettes. Le praticien de bien-être ne pose pas de diagnostic, ne prescrit ni médicament ni complément comme un traitement, et ne demande jamais à une personne de modifier ou d’arrêter un traitement en cours. Ces trois limites protègent la personne accompagnée, et elles vous protègent aussi face à la loi, qui encadre strictement ce qui relève de l’exercice de la médecine.
Le vocabulaire compte autant que les actes. Évitez les mots qui laissent croire à une compétence médicale : « consultation médicale », « bilan de santé », « traitement » ou un titre comme celui de « docteur ». Parlez d’accompagnement, de séance, de bilan de mode de vie. Ce choix de termes rassure le médecin, qui n’a pas à craindre que vous empiétiez sur son métier.
Pour situer ces limites, la définition de l’exercice illégal de la médecine et celle du titre protégé donnent les repères de base. Le détail se vérifie auprès des instances compétentes.
Le document d’une page que lira le médecin
Un médecin n’a pas le temps de lire une présentation de plusieurs pages. Préparez une fiche d’une page, claire et datée. Elle répond à quatre questions : qui vous êtes et votre formation, ce que vous accompagnez, ce que vous ne faites pas, et comment vous joindre. Elle indique aussi le délai de réponse que vous vous engagez à tenir, et précise que vous ne remplacez pas un suivi médical.
Ajoutez une phrase sur la manière dont vous informez le médecin en cas de besoin, et une autre sur votre souhait de coordonner l’accompagnement avec son suivi, uniquement avec l’accord de la personne. Ce document sert ensuite de référence : il évite les malentendus et facilite la confiance.
- Votre nom, votre activité et votre formation, décrits avec exactitude
- Les personnes accompagnées et les situations que vous rencontrez
- Les limites : pas de diagnostic, pas de prescription, pas de conseil de traitement
- Les cas où vous conseillez de consulter sans tarder
- Le moyen de vous joindre et le délai de réponse
Orienter sans prescrire : la phrase qui change tout
L’orientation se joue dans la séance elle-même. Imaginons une personne qui vient pour des difficultés de sommeil et qui décrit, en passant, des douleurs qui la réveillent la nuit et une perte de poids qu’elle n’explique pas. Le praticien de bien-être n’a ni à analyser ces symptômes ni à proposer une piste. Il lui dit simplement qu’il ne peut pas évaluer cela, qu’il est important de consulter un médecin rapidement, et qu’il reste disponible pour travailler sur le rythme et les habitudes une fois le point fait avec le professionnel de santé.
Cette phrase protège la personne, qui sait quoi faire. Elle protège le praticien, qui n’a pas outrepassé son rôle. Et elle nourrit le partenariat, car le médecin voit qu’un professionnel de bien-être sait reconnaître les limites de son champ.
Ne jamais être rémunéré pour une orientation
C’est le point le plus sensible. Recevoir de l’argent, un pourcentage, un cadeau ou un avantage en échange d’une orientation peut être considéré comme une pratique interdite, et il est facile de se mettre en difficulté sans le vouloir. Les règles de déontologie médicale sont strictes sur ce sujet, et leur portée exacte doit être vérifiée auprès de l’ordre des médecins avant toute proposition de collaboration financière.
Dans la pratique, la règle est simple : ne proposez jamais de rémunération à un médecin pour qu’il vous adresse des personnes, et n’en acceptez jamais. Une collaboration saine repose sur l’échange d’informations, sur la reconnaissance mutuelle et sur le service rendu aux personnes. Si un contrat ou une offre paraît trop avantageuse, c’est un signal à examiner de près, plutôt qu’une opportunité.
Le secret professionnel et l’accord de la personne
Avant d’échanger avec un médecin au sujet d’une personne accompagnée, obtenez son accord, et précisez ce que vous allez transmettre. Une information partagée sans accord brise la confiance et peut engager votre responsabilité. Le secret qui entoure votre accompagnement s’applique aussi à vous : ne communiquez que ce qui est nécessaire, et seulement dans le cadre prévu.
Notez dans votre dossier l’accord donné, la date et le contenu de l’échange. Cette trace protège tout le monde. Si la personne retire son accord, arrêtez les échanges et respectez son choix. Les règles de conservation de vos dossiers se trouvent dans l’article sur la durée de conservation des dossiers clients.
Construire un réseau de confiance, pas un circuit d’envoi
Une collaboration durable se construit dans le temps. Présentez-vous en personne quand c’est possible, remerciez les professionnels qui vous adressent quelqu’un, et donnez des nouvelles lorsque la personne l’a autorisé. Participez aux rencontres locales de santé ou de bien-être, sans chercher à vendre dans ces lieux. Une attitude d’écoute vaut mieux que la promotion.
Imaginons un praticien installé depuis un an dans une ville moyenne. Il a d’abord envoyé sa fiche à une dizaine de médecins, sans réponse. Il a ensuite demandé à rencontrer deux d’entre eux pour leur poser une question précise : comment aimeraient-ils être informés quand un de leurs patients commence un accompagnement ? Leur réponse a orienté son document. Quelques mois plus tard, l’un d’eux lui adressait régulièrement des personnes, avec un mot court et des consignes claires.
Le cadre de votre activité et votre assurance
Avant de développer un partenariat, vérifiez que votre cadre d’exercice est solide. Votre statut, votre assurance de responsabilité civile professionnelle et vos mentions obligatoires doivent être à jour, car un médecin qui vous adresse quelqu’un s’intéresse à votre sérieux. Le guide sur le statut et le cadre légal rappelle les repères, et la présentation de la responsabilité civile professionnelle détaille ce qu’elle couvre.
Les catégories de pratiques présentées sur la page des médecines douces donnent une idée des différents métiers du bien-être, pour situer votre propre champ face à celui des professionnels de santé. Un partenariat réussi repose sur une répartition claire : eux pour le soin médical, vous pour l’accompagnement, chacun sachant quand passer le relais.
Les premiers pas concrets
Commencez par trois ou quatre médecins de votre secteur, plutôt que par une campagne large. Envoyez votre fiche d’une page, accompagnée d’un message court qui explique votre démarche. Proposez une rencontre de quinze minutes si le professionnel le souhaite. Acceptez son refus, et gardez sa porte ouverte pour plus tard. Une relation construite pas à pas dure bien plus longtemps qu’un envoi massif.
Pour comparer les pratiques que vous pourriez présenter et leurs cadres respectifs, le bilan des formations offre un point de départ, et l’ensemble des formations proposées permet de voir comment chaque discipline se distingue. Une fois votre champ clairement défini, un médecin pourra vous recommander en toute confiance.
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Questions fréquentes
Un médecin peut-il m’envoyer des patients pour du bien-être ?
Il peut conseiller à une personne de se tourner vers un accompagnement complémentaire, mais il reste le référent pour la santé. Votre rôle est de travailler sur le mode de vie et le bien-être, sans remplacer son suivi.
Dois-je prévenir le médecin quand un patient commence chez moi ?
Seulement avec l’accord de la personne, et dans le cadre convenu avec elle. Sans cet accord, vous ne transmettez aucune information.
Puis-je offrir une séance gratuite à un médecin pour le remercier ?
Mieux vaut éviter tout avantage lié à une orientation. Remerciez simplement par un message, une information utile ou une rencontre, et vérifiez les règles de déontologie médicale en cas de doute.
Que faire si un médecin me demande de modifier mon discours ?
Demandez-lui ce qu’il attend précisément. Si la demande porte sur une pratique qui relève de la médecine, vous ne la reprenez pas. Si elle porte sur la clarté de votre présentation, ajustez votre document.
Un partenariat avec un médecin renforce-t-il ma crédibilité ?
Il peut renforcer la confiance des personnes, à condition que vos limites soient claires et respectées. Un partenariat mal décrit, en revanche, peut vous exposer. La précision vaut mieux que le nom du professionnel mis en avant.
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Définitions
Bien-être, pas médecine. Cette pratique ne remplace ni un avis médical ni un suivi par un professionnel de santé. En cas de doute sur votre santé, consultez un médecin.
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